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MAHÂVIRA

Mahâvira est né probablement en 599 avant JC et mourut en 527 avant JC. D’autres proposent -577/-507, -561/-489, -552/-480 mais nous savons qu’il est plus âgé que Bouddha.

Son nom de naissance était Vardhamâna Nâtaputta. Il sera appelé plus tard Mahâvira (Le Grand Héros).

Il est né à Kundagrâma (Vaisili) à 43 km de Patna (dans l’état actuel du Bihar, Inde du nord-est).

Son père, Siddhârta, était chef voire président de cette petite république de Kundagrâma. Sa mère, Trisalâ, était la sœur de Cetaka le gouverneur de Vaisili voire même le roi de Videha. Ses parents étaient tous deux de la caste des Ksatriya (caste des guerriers). Ils vénéraient Parshvanatha (le 23ème thirtankara, Mahâvira étant le 24ème) et suivaient son enseignement (qui est très peu différent du jaïnisme actuel), ils étaient des disciples des sramanes (les ascètes non hindous).

Il reçut une éducation très complète et très équilibrée digne de la classe dirigeante d’une démocratie républicaine teintée d’une atmosphère royale. Il vivait dans le confort mais non dans le luxe. Jeune, Mahâvira devait être beau et impressionnant de sa personne et ses qualités étaient le courage, la vaillance et l’intelligence. Toutes les descriptions de lui s’accordent pour le dire.

Il eut une vie laïque jusqu’à l’âge de 30 ans. Selon les svetambaras (une des 2 sectes jaïns), il aurait été marié à Yasodâ et eut une fille, il aurait eu aussi un frère plus âgé nommé Nandivardhâna et ses parents se seraient laissés mourir de faim par le jeûne absolu (pratique rituelle courante à l’époque) avant les 30 ans de Mahâvira.
Les digambaras (la 2ème secte) nient tout de ce mariage, ne mentionnent pas le frère aîné et pensent que ses parents vivaient encore quand il avait 30 ans.

Ils sont cependant tous d’accord pour dire qu’à l’âge de 30 ans, poussé par l’envie de connaître la connaissance spirituelle suprême et déçu par cette vie mondaine qu’on lui prédestinait, Mahâvira abandonna tous ses biens et distribua ses richesses pour mener une vie de moine errant.

La vie d’ascète de Mahâvira dura plus de 12 années durant lesquelles il détruisit son karma (pour faire disparaître toutes les mauvaises actions de ses vies antérieures) en s’infligeant des pénitences austères diverses, en pratiquant le triple réfrènement du corps, de la parole et de la pensée et en méditant profondément et longuement.

Il adopta au bout d’un an la nudité comme un signe de pauvreté volontaire et de dépouillement intérieur et négligea complètement son corps. Son aspect hirsute provoquait la méchanceté des gens qui lui hurlaient dessus en le voyant, le frappaient et le blessaient volontairement. Mahâvira supportait toutes ces épreuves avec courage en poursuivant toujours son chemin, tant géographique que spirituel.

Il parvint à la connaissance suprême, l’omniscience (le kevala) au bout de ces 12 ans et devint ainsi un saint (un arrhat). Mahâvira fut déclaré thithankara pendant qu’il vivait encore. Il faut dire qu’il est né dans une époque où l’on attendait le 24ème tithankara.

Pendant les trente années qui suivirent, Mahâvira délivra son message de paix, d’amour et de non-violence envers tous les êtres vivants. Il continua ses pénitences et ses méditations et se consacra à la propagation de la doctrine, à l’organisation de la communauté jaïn (la première organisation monastique, la sangha, daterait de l’époque de Mahâvira). Il a conçut et propagé une démocratie spirituelle dans laquelle il n’y a pas de place pour les médiateurs entre Dieu et les Hommes (le jaïnisme ne possède pas de clergé).
Il a vulgarisé cette philosophie en l’ouvrant à tous sans aucune distinction de sexe, couleur, caste pour que la spiritualité soit accessible au plus grand nombre (et non réservé uniquement aux ascètes).







Mahâvira mourut et atteignit le nirvâna en 527 avant JC à l’âge de 72 ans dans la commune de Pâvâ. Quand Mahâvira quitta ce monde, la communauté jaïn s’élevait à un demi million d’adeptes laïques hommes et femmes et à quelques dizaines de milliers de moines, nonnes, disciples, ascètes, sages…

Mahâvira est considéré à tort comme le fondateur du jaïnisme. Ses enseignements sont identiques à ceux de Parshvanatha (son prédécesseur) à quelques exceptions près. Il est en fait le 24ème et dernier des grands guides spirituels pour les jaïns. Il a été un réformateur de toutes les anciennes sectes rattachées à la tradition sramanique des Jinas. Il insuffla au jaïnisme un souffle nouveau en durcissant le code de conduite et rendit plus rigoureuse la discipline jaïn.

Pour finir, il me paraît important de parler de Bouddha.
Bouddha et Mahâvira était contemporains bien que ce dernier soit plus âgé que Bouddha et qu’il obtint le nirvâna deux ans plus tôt. Les parents de Bouddha étaient des membres laïques de l’ordre de Parshvanatha donc des disciples jaïns et on comprend mieux comment Bouddha s’est largement inspiré du jaïnisme pour fonder sa propre doctrine. Leurs vies ont eu beaucoup de similitudes : dates et lieux de naissance, origine sociale ou caste, parcours de vie, surnom par lesquels on les appelait…
L’Ocident a longtemps crû que Mahâvira et Bouddha était une seule et même personne. Heureusement, depuis, et grâce aux recherches de Jacobi on a réussi à déméler leurs vies.

Maintenant il ne fait plus aucun doute que Bouddha appartient au bouddhisme et que Mahâvira (le bouddha jaïn) appartient au jaïnisme.
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